L’artiste Anaïs Lelièvre en résidence à l’Atelier TA en avril et en mai 2018

Accueil en résidence de production de l’artiste plasticienne Anaïs Lelièvre dans le cadre d’une coproduction : Cahors Juin Jardins et Musée des Augustins de Toulouse…

Cahors Juin Jardins au Musée des Augustins de Toulouse
avec l’artiste Anaïs Lelièvre

Pour la première fois, Cahors Juin Jardins essaime hors les murs, invité par le Musée des Augustins à créer une œuvre spécifique dans le cadre de la manifestation nationale des Rendez-vous aux jardins.

Cahors Juin Jardins a proposé à l’artiste Anaïs Lelièvre de créer une installation contemporaine, contextuelle et saisissante dans le jardin du Cloître du musée, haut lieu du patrimoine toulousain. Partant de la phrase de Châteaubriand dans Le Génie du Christianisme. Les hommes ont pris dans les forêts la première idée de l’architecture, l’artiste multipliera dans les massifs végétalisés, des volumes inspirés des pinacles qui dominent le cloître. Tels des pièces détachées d’une architecture revisitée, ces volumes sortiront de terre laissant l’interprétation libre quant à leur germination hors sol.

Pour mener à bien son travail lié à ce projet, l’Atelier TA accueille Anaïs Lelièvre en résidence de production du 29 mars au 2 avril et du 26 avril au 6 mai.

Les tests de préparation :

Anaïs Lelièvre à l'Atelier TA de Toulouse

« Par reproductions numériques du dessin d’un détail du cyprès (avec réductions et agrandissements, exprimant une croissance), l’installation présente une centaine de volumes, de dimensions variables (de quelques centimètres à taille humaine), de forme évoquant les pinacles de l’architecture, et enfoncés dans le sol du jardin pour qu’ils semblent en émerger. »
Anaïs Lelièvre

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L’installation finale dans le cloître du Musée des Augustins

« CAHORS JUIN JARDINS : DEMAIN SE RÊVE (LA TENTATION DES FORÊTS) »

Le festival Cahors Juin Jardins est invité au Musée des Augustins dans le cadre de la manifestation nationale des Rendez-vous aux jardins. Créé en juin 2006 à Cahors, ville d’art et d’histoire et de jardins labellisés remarquables par le Ministère de la Culture, Cahors Juin Jardins invite chaque année la création contemporaine dans les jardins et développe des projets citoyens en lien avec l’art, le jardin et le paysage. Pour sa 13ème édition, le festival propose aux différents intervenants, la thématique Demain se rêve (la tentation des forêts). Invitation aigre-douce à rêver des futurs possibles et acceptables, elle nous réserve aussi le droit à l’appel de la forêt, la fuite, le refuge, l’étrange. A Toulouse, Cahors Juin Jardins intervient dans le jardin du cloître en proposant l’installation Pinnaculum créée par l’artiste Anaïs Lelièvre pour ce lieu et produite en résidence à l’Atelier TA.

INSTALLATION PINNACULUM

« Les hommes ont pris dans les forêts la première idée de l’architecture. » François-René de Chateaubriand
« Avec la multitude de ses excroissances, les tours et les tourelles, les arcs-boutants, les gables, les pinacles, elle est, de l’extérieur, pareille à la forêt. A l’intérieur, on y retrouve les fières voûtes d’une allée d’arbres gigantesques. Sa nature est végétale, mais c’est aussi une végétation de cristaux, une floraison de polyèdres qui se répètent à l’infini, toujours plus grands, toujours plus hauts et qui s’émiettent, taillés toujours d’une même façon. » Jurgis Baltrusaitis, à propos des analyses de l’architecture gothique par Friedrich Schlegel

Ce projet Pinnaculum s’enracine dans l’histoire complexe de l’architecture du couvent puis du Musée des Augustins, avec ses multiples mutations (changement de fonction, transformations du bâti par démolitions, rénovations, restauration…). L’aspect stable et imposant du bâtiment s’appréhende dès lors dans sa dimension temporelle et transitoire, qui interroge aussi sur son devenir, ouvrant l’imaginaire à d’autres évolutions possibles.

Évoquant ses pinacles (pointes les plus hautes d’une architecture gothique), des volumes enfoncés dans la terre, semblent pousser du jardin d’inspiration médiévale, parmi les végétaux en germination. Tel un bâti souterrain, émergeant partiellement en surface, ils suggèrent une suite encore enfouie et invitent ainsi à une sorte d’archéologie inversée : projection d’un futur impossible, et basculement incertain entre percée du bâti et fouille imaginaire. En écho avec les cyprès du jardin qui tendent à s’élever aussi haut que les pinacles, ces sculptures sont constituées d’un dessin d’un entrelacs de racines coupées de « faux cyprès » (Cyprès de Lawson). Les tracés vibrants en dématérialisent l’image telle un disegno intérieur, dessein mental, autant qu’ils en transcrivent les flux qui animent des processus de croissances ou de métamorphoses, tant végétales qu’architecturales.

En ramenant les pinacles de leur hauteur céleste au sol de terre, le projet ravive aussi leur terreau originel : l’analogie entre le style gothique et les forêts a animé les plumes littéraires de Goethe, Chateaubriand notamment, et révèle l’architecture comme une cristallisation de forces de la nature. Aussi, plus largement, dit-on planter des graines et planter des fondations, planter sa tente, s’implanter sur un territoire… Entre la dynamique du processus de bâtir et les principes biologiques de germination et de croissance, des coïncidences se ramifient, de formes, de langage, d’histoire et d’imaginaire collectif.

La ligne se manifeste là comme la restitution sensible d’un lien entre passé et devenir. Et son inscription (du latin in- « dans » et scribere « écrire ») dans ce lieu croise ces deux significations : l’acte graphique d’écrire, de dessiner, de transcrire, de tracer et de garder trace ; et l’acte existentiel consistant à se projeter dans un espace pour s’y installer et y habiter. »

 

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Un partenariat : Festival Cahors Juin Jardins de Cahors, Musée des Augustins de Toulouse et Atelier TA